Partenariat entre Paris et Marseille
- 28/02/2005
La vente par appartements
ou la vente immobilière "à la découpe"
Des associations de
locataires s’organisent contre "la découpe"
source : Centre Ville pour Tous http://www.centrevillepourtous.asso.fr/
Récemment la presse
nationale et les médias en
général se sont faits l’échos d’une
pratique qui se développe de plus en plus en France : la
vente du patrimoine immobilier ancien par appartement, appelée
« vente à la découpe ». Il
s’agit de l’intervention de plus en plus importante de
sociétés d’investissement, souvent
étrangères, qui ont acquis des immeubles, anciennement
propriétés d’institutions privées ou
publiques françaises, pour en commercialiser les logements
après restructuration des surfaces. Ces opérations
concernent du bâti de qualité généralement
situé dans des quartiers à forte valorisation
foncière. Les promoteurs de ces opérations misent sur la
taille et le confort des logements, pour les inscrire dans une logique
purement financière à court ou moyen terme au
détriment de l’intégration sociale de leurs
habitants et d’une transmission patrimoniale structurée
à moyen et long terme. Dès lors, les locataires des
immeubles concernés par ces opérations sont face à
un dilemme : se porter acquéreur du logement qu’ils
louent aux conditions dictées par leur nouveau
propriétaire, ou résister à
l’éviction de leurs appartements sans toujours pouvoir
bénéficier d’une protection assurée. En
l’absence de solution, le locataire se trouve dans une situation
d’autant plus aléatoire que l’offre de logement aux
conditions équivalentes de surface, de situation et de
coût est de plus en plus rare.
A Paris, plusieurs sociétés d’investissement
dépendant de groupes financiers internationaux importants et en
particulier de fonds de pension nord-américains sont depuis
quelques années à l’œuvre. Leurs
interventions sont facilitées par l’inexistence, en
France, d’un cadre législatif et réglementaire
à la différence de ce qui existe aux Etats-Unis ou dans
d’autres pays qui se sont prémunis contre les effets de ce
genre de pratiques. Nombre d’investisseurs anticipent
également le retournement de la bulle immobilière qui a
marqué le marché parisien (et la Côte d’
Azur) ces dernières années, et parient sur la sous
information des acheteurs potentiels, pour vendre avant que les valeurs
immobilières baissent. D’autres villes sont
visées.
A Marseille, diverses opérations sont en filigrane mais
n’ont pas fait encore l’objet de débats. C’est
le cas en particulier de la réhabilitation de la rue de la
République dont on peut légitimement s’interroger
sur les intentions de la nouvelle société
d’investissement nord-américain Lone-Star qui s’est
portée acquéreur en juillet 2004 de 331 commerces et de
1311 logements dont 553 sont occupés. Les éléments
d’information dispensés par la société
Marseille République qui représente les investisseurs et
les premières actions menées par celle-ci en direction
des locataires tendent à confirmer que l’opération
visent les objectifs d’une opération immobilière
fondées sur la vente par appartements du patrimoine, d’ici
à 2010.
C’est pourquoi l’association « Un centre ville
pour tous » a décidé d’accompagner la
résistance collective des locataires, dont 225 d’entre eux
se sont publiquement engagés. Avec eux, l’association a
déjà engagés diverses initiatives et
manifestations, a fait signer une pétition de soutien par un
millier de marseillais, et a collecté de nombreux
témoignages des pressions dont les locataires sont
l’objet. Ces actions ont donné lieu à de nombreux
échos dans les médias et ont attiré
l’attention des représentants des pouvoirs publics dans le
cadre de l’opération d’intérêt national
Euroméditerranée dont fait partie la
réhabilitation de la rue de la République.
Forts de ses spécificités, l’association
« Un centre ville pour tous » a aussi
répondu favorablement à la demande de rapprochement
émanant de la Fédération des locataires de
Westbrook et contre la vente à la découpe et de
l’association des locataires du square du Roule et de la rue du
Faubourg Saint-Honoré à Paris. Avec ses associations,
nous sommes convenus, dans un premier temps, d’échanger
nos informations.