La Tribune (Desfossés)
La Chronique
jeudi 15 mai 2003
Bonne digestion pour
Gecina
Pascal Boulard
Lorsque
Gecina a racheté Simco fin 2001, cette foncière mixte
(bureaux, résidentiel) avait permis
d'équilibrer
son portefeuille en cédant une partie de ses r ésidences.
A l'issue de son premier trimestre
fiscal
2003, elle a annoncé la signature d'une promesse de vente de 585
millions d'euros à
Westbrook.
Cette transaction devrait être
matérialisée au cours du deuxième trimestre. Une
autre transaction, de
l'ordre
de 594 millions d'euros, devrait suivre au cours du troisième
trimestre. Ces deux cessions
devraient
permettre de réduire l'endettement du groupe, qui reviendrait
à 3 milliards d'euros, voire de
renforcer
la part du tertiaire dans le portefeuille.
Le plan d'intégration se
déroule donc comme prévu. Par ailleurs, Gecina a
annoncé pour le premier
trimestre
une progression de 5,1 % à périmètre comparable de
ses loyers encaissés (131,84 millions
d'euros).
Le résidentiel s'est particulièrement bien
comporté (+ 5,7 %) grâce au renouvellement des
baux
(+ 16,1 % en moyenne d'augmentation des loyers) et à
l'indexation. Le tertiaire n'est pas en
reste
avec une augmentation de 4,6 %, grâce à une progression de
25 % des nouveaux loyers.
Ce
chiffre devrait donner une impulsion boursière au titre. Si
Gecina a été plus performante que
l'ensemble
du marché depuis deux ans, et notamment plus que l'indice Dow
Jones Stoxx 50, elle l'a
été
légèrement moins que ses pairs. Le marché lui a
fait payer, avec retard, le rachat de SeFimeg et
d'Immobilière
Batibail. Ces deux opérations avaient été
effectuées sur la base d'un rendement interne
inférieur
au coût de la dette nécessaire pour les réaliser.
La digestion de l'opération Sinco
est plus facile. D'abord, elle a été
réalisée sur un taux de rendement
interne
théorique de 6,4 % qui augmente à la faveur de
l'endettement (2/3 de la mise de fonds avec
un
cours moyen de 5,2 %). De plus, elle a permis le
rééquilibrage du portefeuille avec une
amélioration
de la qualité des actifs et de leur rendement dans le
résidentiel.
A partir d'aujourd'hui, Axa et le
Crédit Foncier, qui détiennent respectivement 7,5 % et 4
% du
capital,
pourront librement disposer de leurs titres. S'ils décident de
sortir, ils devraient privilégier
une
vente par blocs afin de ne pas provoquer l'effondrement de l'action.
Peut-être attendront-ils,
puisque
certains objectifs de cours dépassent maintenant 120 euros
contre un niveau récent audessous
de
100 euros.