Stop à la spéculation immobilière. Le groupe communiste du Conseil de Paris s’est réuni hier pour dénoncer le phénomène de vente à la découpe d’appartements organisé par les fonds de pension étrangers. Ceux-ci achètent des immeubles entiers à des institutionnels (banques, assurances...) et les revendent par lots à des particuliers. Ces investisseurs réalisent ainsi une belle plus-value. Depuis 1997, quelque 30 000 logements parisiens seraient passés sous leur coupe. Le fonds de pension américain Westbrook, a notamment acquis cent immeubles, soit 4 000 logements, pour environ un milliard d’euros. Depuis trois ans, le phénomène prend de l’ampleur.
« Paris est deux fois moins cher que Londres ou New York,
rappelle Jean
Vuillermoz, président du groupe communiste. Forcément,
c’est plus
intéressant pour investir. Mais cela augmente les risques de
ségrégation sociale et spatiale : les locataires
démunis et même ceux
de la classe moyenne vont fuir la capitale. » Une très
faible part de
ces biens se retrouvera sur le marché de la location, ce qui
inquiète
beaucoup les communistes. En effet, ce genre de transaction
s’accompagne généralement de la « loi des
trois
tiers », explique Luc
Leroy. Un tiers des logements sont achetés par les locataires en
place,
un tiers des acheteurs s’y installent, et le dernier tiers des
acquéreurs garde le locataire en « attendant la fin du
bail, pour que
l’appartement se libère... », explique Thierry
Smadja,
directeur
général de Saggel transaction, chargée de vendre
les biens appartenant
à des institutionnels.
A savoir :
les chiffres
20 % c’est le taux de rentabilité lié aux rachats d’immeubles suivis de ventes à la découpe.
40 % des locataires en place rachètent les appartements à la suite de cette transaction.
50 % des immeubles vendus l’année dernière par des institutionnels ont été acquis par des sociétés allemandes.
5 800 logements ont été rachetés par la Ville à des institutionnels depuis trois ans.
100 000 demandes de logements sociaux sont en cours à Paris.