Association des locataires du square du Roule
et de la rue du faubourg Saint-Honoré

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Le Parisien
samedi 25 septembre 2004, p. 4

PARIS : LE TEMOIN DU JOUR

« Obligé d'acheter mon appartement ou de quitter Paris »


E.L.M.


A la mairie du VIII e , près de 200 personnes se sont réunies cette semaine. Elles sont toutes victimes de la plus grosse opération de vente d'appartements organisée par un investisseur institutionnel sur Paris. Cette fois-ci, c'est le fonds d'investissement américain Westbrook qui compte vendre entre 3 000 et 4 000 appartements dans la capitale. Réactions et espoirs. «NOS DROITS de locataires sont bafoués, alors relevons la tête et résistons ! » lance avec force Marc-Antoine Lorne, président de l'association des locataires des Ternes (XVII e ). Dossiers sous le bras, il compte bien mobiliser les associations de locataires d'une douzaine d'arrondissements de Paris touchées par le même coup de bambou. « En juin, nous avons appris que notre immeuble, 9, place des Ternes, avait été vendu à un fonds d'investissement américain dans le simple objectif de faire une spéculation immobilière et de vendre l'immeuble par appartements », explique-t-il. Résultat : « Je me vois obligé d'acheter mon appartement ou de quitter Paris ». A 57 ans, ce conseiller en relations publiques ne compte pas se laisser faire. « Cela fait vingt-huit ans que j'habite ici. J'ai choisi d'être locataire comme les Parisiens du VIII e , du III e , victimes, comme moi, de cette opération immobilière. Or, lorsque j'ai signé avec les AGF on m'avait dit : vous êtes ici pour la vie. Je croyais pouvoir bénéficier d'une garantie de stabilité. Et aujourd'hui ce n'est plus vrai ». Son loyer est hors normes : 2 439 € par mois. Mais c'est son choix. « En trente ans, j'y ai fait de nombreux travaux. Des investissements. Mais cela ne change rien. On me propose de racheter les 180 m 2 dans lesquels je vis à 8 millions d'euros. Aucune banque ne me prêtera une telle somme d'argent. » Depuis 1997, près de 30 000 logements locatifs ont ainsi disparu du marché parisien. Tous vendus par des assurances, des banques ou des fonds de pension... « Que l'on ne s'étonne pas que Paris se vide », souligne-t-il, amer. Mais pas battu. Un collectif d'associations doit se créer afin de trouver les failles dans l'opération Westbrook. La Ville, elle, ne peut pas acheter ces appartements dans les beaux quartiers. Impossible d'en faire du logement social. Une autre grande institution pourrait cependant être contactée pour racheter une partie des lots et les laisser en location. Pour Marc Antoine Lorne, c'est « un gros espoir ».

Pour contacter l'association : www.federation-locataires-westbrook.org.